Dynamique du marché de l'avocat au Maroc : entre gros calibres, marchés et attente du Pérou
Les premières semaines de 2025 ont été particulièrement imprévisibles pour le marché de l'avocat au Maroc. Alors que 70 % de la récolte est en cours, les exportateurs sont déjà confrontés à une forte incertitude quant aux prix, qui ne montrent aucun signe de stabilisation. Dans ce contexte, le Maroc a inondé le marché d'une offre massive de gros fruits, alors même que la demande se porte sur des avocats de petite et moyenne taille. Ce déséquilibre entre l'offre et la demande a engendré un surplus d'avocats de gros calibre (12 et 14), tandis que les acheteurs recherchent des avocats de calibre 20, 22, 24, 26 et 28.
À ce jour, le pays a exporté 84 000 tonnes, et il lui reste encore entre 30 000 et 40 000 tonnes à vendre. Cependant, les perspectives ne sont guère encourageantes : loin d’une possible reprise, on s’attend plutôt à une baisse des prix, notamment avec l’arrivée imminente des fruits du Pérou, dont la réaction du marché pourrait déterminer l’évolution des prix dans les semaines à venir.
Face à cette situation, les producteurs marocains ont commencé à diversifier leurs zones de culture. Tandis que les régions côtières, aux sols sableux et à l'eau abondante, produisent des fruits plus gros, les zones moins arrosées donnent des fruits plus petits, mieux adaptés à la demande actuelle. Cette stratégie vise à équilibrer l'offre, mais la grande question demeure : le marché absorbera-t-il les volumes restants sans une nouvelle baisse des prix ?
Le Maroc est confronté à un paradoxe : son efficacité productive et sa capacité d’exportation lui ont permis de se positionner comme un acteur clé du marché de l’avocat, mais un manque d’adéquation avec les préférences des consommateurs pourrait devenir un obstacle majeur. La leçon à tirer est claire : la production doit s’adapter aux tendances du marché, non seulement en volume, mais aussi en termes de spécificités de la demande. Faute de quoi, les exportateurs risquent de voir leurs marges bénéficiaires s’éroder sur un marché de plus en plus exigeant et concurrentiel.
Yassin Chaib Maroc